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Un biberon (Photo Mychèle
Daniau/AFP/Archives)
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Bisphénol A :
l'agence sanitaire des aliments voit des "signaux
d'alerte
Vendredi 05 février 2010,
15h03
L'Agence de sécurité sanitaire des aliments, suite à une
nouvelle enquête sur le Bisphénol A (BPA), a constaté des "effets
subtils" sur de jeunes rats qui l'incitent à "poursuivre son
travail d'expertise" pour comprendre "ces signaux
d'alerte".
En attendant
l'approfondissement des évaluations, l'Afssa recommande aux
consommateurs "d'éviter de chauffer à trop forte température
l'aliment" contenu dans des biberons contenant du BPA ou dans des
récipients en polycarbonate.
Gérard Bapt, député
PS de Haute-Garonne, ainsi qu'André Cicolella, porte-parole du
Réseau environnement santé, ont regretté que, tout en reconnaissant
un problème avec le Bisphénol A, l'Afssa n'en tire pas les
conséquences.
En 2008, l'Afssa
avait conclu à l'absence de risque du produit. En 2009, elle avait
rouvert son étude après la publication de nouvelles études
scientifiques internationales.
Dans son rapport
rendu public vendredi, elle relève "des effets subtils, observés en
particulier sur le comportement après une exposition in utero et
pendant les premiers mois de vie chez de jeunes rats". Cela la
conduit à "poursuivre son travail d'expertise" afin de "comprendre
la signification en terme de santé humaine de ces signaux d'alerte,
éclairer le consommateur et permettre aux pouvoirs publics de
prendre des mesures appropriées".
Dans l'attente,
l'Afssa "rappelle aux consommateurs qu'une mesure simple de
précaution est d'éviter de chauffer à trop forte température
l'aliment (eau, lait, soupes...) s'ils utilisent des biberons ou
des récipients en polycarbonate".
Elle souhaite aussi
"définir rapidement une méthodologie adaptée à la détection d'une
toxicité potentielle, chez l'homme et à basse dose, du BPA mais
aussi des produits de substitution et plus largement des
perturbateurs endocriniens" -substances qui interfèrent avec le
développement du système hormonal.
"C'est positif que
l'Afssa consente à prendre la mesure de toutes les études sorties
récemment", a indiqué à l'AFP M. Bapt, qui a déjà interdit la
commercialisation des biberons contenant du BPA dans la petite
ville de Saint-Jean (Haute-Garonne) dont il est
maire.
Il a regretté
cependant qu'il ait fallu attendre que la FDA, l'agence américaine,
"lance une alerte pour que l'Afssa bouge" et qu'elle n'ait pas jugé
utile de donner des "préconisations".
Estimant qu'il y a
"urgence", il a souligné que la balle était désormais "dans le camp
de la décision politique". "J'appelle à nouveau la ministre de la
Santé (Roselyne Bachelot) à faire une recommandation de précaution,
en priorité vis-à-vis des femmes enceintes", a-t-il
dit.
André Cicolella a
regretté lui aussi que l'Afssa "veuille bien reconnaître un
problème mais n'en tire pas les conséquences en termes de norme",
puisqu'elle ne "remet pas en cause" la Dose journalière admissible
(DJA).
"Ils ne remplissent
pas leur rôle en ne définissant pas la norme", a-t-il affirmé à
l'AFP.
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